Le cinéma numérique
(DCinéma)

Cette première page explique la vraie révolution que commence à vivre le cinéma, qui touche tout le monde y compris le public.

Les différentes étapes de la création d'un film peuvent être scindées en trois grands domaines : la production, la post production et la diffusion. La première prend fin avec celle du tournage, la seconde lui fait suite et comprend toutes les manipulations opérées à partir des plans tournés, la troisième permet d'atteindre la public visé.

Historiquement la totalité de ces processus a d'abord fait appel à un support unique, la pellicule, du tournage à la diffusion en salle en passant par le montage. Depuis quelques années, la postproduction s'est résolument tournée vers les outils numériques pour la réalisation de certains trucages, la retouche des images originales tournées, l'incorporation de personnages de dessins animés dans l'action etc. Le numérique est donc déjà entré dans la chaîne cinématographique. Mais le tournage et la diffusion se déroulaient de manière très traditionnelle.

Ce qui change et va changer, c'est une généralisation de la chaîne cinématographique sur support numérique. Certes, nous n'en sommes qu'au tout début et la mutation prendra quelques dizaines d'années. Pourquoi ceci est-il aujourd'hui envisagé ?

D'abord pour des raisons techniques : les caméras numériques existent, dérivées des caméras vidéo en haute définition. Les supports de stockage ont acquis une capacité compatible avec les énormes besoins des images et les sons gourmands. La qualité est également au rendez-vous. A l'autre extrémité de la chaîne, des projecteurs numériques sont maintenant capables de livrer des images de réelle grande qualité sur des écrans de plus de dix mètres de base.

Puis pour des raisons économiques : des réductions considérables de certains coûts sont maintenant possibles. Comme nous ne sommes gouvernés, dirigés que par des comptables, ces informations ne peuvent que leur faire esquisser un sourire, moteur indéniable d'évolution des méthodes de travail !

Ensuite pour des raisons industrielles : des fabricants proposent des produits qui sont prêts à envahir le marché très lucratif de renouvellement des équipements cinématographiques.

Enfin pour des raisons stratégiques : des normes sont en cours d'agrément qui sont indispensables à la diffusion massive des équipements de nouvelle génération. C'est un travail qui se poursuit encore en cette année 2004 mais dont les résultats seront publiés très prochainement.

Mais ce n'est assurément pas en un jour que les 160 000 salles de cinéma du globe vont troquer leur projecteur 35 mm contre un projecteur numérique, mais le processus est enclenché et les quelque 300 salles qui ont d'ores et déjà fait le saut ne constituent que la première vague.

Alain Delhaise, mai 2004