ATELIER DECORS :
INTERVENTION de MAX DOUY
qui s’adresse à des lycéens

DECORS REELS :
Les Frères LUMIERE ont fait leurs premières prises de vues dans la nature, par beau temps.
Georges MELIES, pour réaliser ses sujets (historiques ou futuristes) construit à Montreuil un studio et utilise les techniques du théâtre, c’est-à-dire toile de fond, principale, plans de côté et frises. Il invente en même temps les truquages qui sont encore aujourd’hui utilisés. Cela n’était plus du décor réel !
En 1905, les Frères PATHE et Léon GAUMONT, en 1906 construisent, à leur tour des studios (Vincennes, Montreuil, les Buttes Chaumont et Nice) ainsi qu’une usine de construction de caméras et de traitement de film à Joinville, la fabrication des pellicules étant à Vincennes.
En 1907, Charles JOURJON construit des laboratoires et des plateaux à Epinay-sur-Seine.

Pourquoi ces plateaux ?
Pour réaliser le plus grand nombre possible de films de fiction en utilisant d’abord les techniques du théâtre, puis en construisant des décors en volume permettant l’évolution des comédiens.
La majorité de ces films retrace des évènements historiques et même bibliques.
Tous ces plateaux sont vitrés, ce qui n’empêche pas l’intervention d’appareils d’éclairage (arcs et lampes à vapeur de mercure).
Les Frères LUMIERE, Léon GAUMONT, Charles JOURJON et les Frères PATHE ont alimenté des salles du monde entier jusqu’à la déclaration ??????de guerre en 1914, autant avec des films de fiction qu’avec des Actualités.
Après la guerre, à Billancourt, Henri NIEPCE transforme ses usines d’aviation en studios ; Henri DIAMANT-BERGER et Abel GANCE s’y installent. Les studios se modernisent et les vitres sont masquées par des murs et des velums ; la technique de l’éclairage et des constructions de décors a permis à de jeunes réalisateurs de faire de la recherche (Marcel L’HERBIER, Jean EPSTEIN, Germaine DULAC, René LE SOMPTIER, Jacques FEYDER, René CLAIR, Raymond BERNARD, Jean RENOIR) et avec eux, des équipes de décorateurs et d’opérateurs talentueux. La qualité de ces films est remarquable. Le contreplaqué a remplacé la toile pour construire les châssis des décors.
En 1929, à l’avènement du parlant, les studios se transforment. On construit une double enveloppe à l’intérieur des plateaux existants et en 1930, le film français prend sa place sur les écrans des salles qui étaient occupés jusqu’à 50% par des films américains.
Le doublage se généralise en 1932 et à nouveau une crise de cinéma se développe en France.
Alors, les producteurs et réalisateurs entreprennent de grandes productions pour concurrencer ces films américains et les techniques évoluent en même temps pour obtenir des œuvres de qualité.
Les techniques de construction de décors changent également ; on utilise beaucoup de staff, les stocks de décors sont entretenus et le matéri??????t??el de prise de vues s’enrichit de caméras, de grues, de travellings aériens ; la Dolly apparaît.
En même temps, de nouveaux talents s’affirment : Jean GREMILLON, Marcel CARNE, Marc ALLEGRET, Julien DUVIVIER, Claude AUTANT-LARA, Jean DELANNOY. Tout est permis au metteur en scène ; il n’y a plus d’obstacle pour réaliser les projets les plus audacieux.
Pendant la dernière guerre, le cinéma en France prend une certaine importance, aussi bien en zone occupée qu’en zone libre.
Presque tous les films sont tournés dans des décors construits en studio. Il faut mentionner les progrès techniques qui ont modifié leur conception :
- intervention des maquettes planes ou en volume pour compléter les décors,
- les procédés de glaces peintes avec ou sans miroir.
Les grands spécialistes des maquettes planes ou en volume furent WILKE, MININE, DAY, ASSOLA père et fils, Raymond NEGRE, sans oublier le procédé SCHUFTAN.
- en 1931, apparaît la transparence qui permet, en studio, d’animer un paysage derrière une voiture, une locomotive ou simplement derrière des fenêtres de décor (MM. EGROT, YGOUF et VILLERBUE en furent les spécialistes).
- en 1937, les découvertes qui étaient peintes sont remplacées par des agrandissements photographiques grâce à la fabrication de papier photographique en 1 mètre de largeur.
- l’apparition, en 1960, du polystyrène expansé permet de réaliser très vite des sculptures, remplaçant ainsi la technique ??????t??du plâtre imposant la confection de moules à pièces souvent compliquées. En 1962, le staff a pratiquement disparu pour faire place au polyester et au thermoformage.
- la projection frontale, apparue dans les années 1970, permet, avec très peu de lumière, de projeter les paysages fixes ou animés de grandes dimensions (20 m sur 10 m de hauteur), ce qui condamne pratiquement la transparence.
- l’apparition du matériel léger de prise de vues et d’éclairage dans les années 60, ainsi que la sensibilité des films ont permis l’éclosion d’auteurs-réalisateurs qui n’ont pas utilisé les studios, du moins au début de leur carrière.
Les producteurs, ainsi que les propriétaires des studios ont pensé que, dorénavant, les films se tourneraient dans les lieux existants, justifiant ainsi la démolition des principaux centres de tournage (Neuilly, Photosonor, Boulogne Silly, Franstudio Saint Maurice, Joinville, Billancourt) pour construire des immeubles et des bureaux. Les stocks de décors disparaissent en même temps. Les productions utilisent alors des décors réels.